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Du moteur de recherche au moteur de rencontre…


par Francis Parent, critique et historien d'art

Sur Internet, pour trouver une information quelconque, les moteurs de recherche travaillent fabuleusement bien, en un clin d’œil, et à partir de seulement 2 ou 3 mots-clés. Si cette spécificité est idéale dans la plupart des secteurs, elle ne l’est pas (encore…) dans celui de l’Art puisque les critères discriminants (historiques, cognitifs, etc.) y sont très complexes et ne sauraient se réduire à 2 ou 3 mots clés. Par exemple, si l’on recherche sur Google les mots «Artistes peintres», on obtient 2 200 000 réponses possibles ; « Art abstrait » : 1 480 000 réponses… L’on imagine bien qu’il faudra beaucoup de mots clés pour avoir une recherche fructueuse dans ce domaine… De plus, qui dit «mot-clé» dit « appartenance », « classification », etc., alors que l’idée même de classifier les productions artistiques a toujours été, sinon rejetée, du moins a toujours fait débat dans le milieu même. D’ailleurs, il n’y existe toujours aucune classification qui soit indiscutable... Il est vrai que bien des tendances, ou regroupements d’Artistes, même dûment répertoriés, ont souvent recelé sous leurs appellations, des contenus de personnes, de dates, de formes, etc., plutôt assez floues … (l’Expressionnisme abstrait, la Nouvelle figuration, la Trans Avant-garde, etc, etc…). Et aujourd’hui encore beaucoup pensent qu’ « on ne peut isoler une expression artistique en se fondant sur sa forme » (dixit Asger Jorn).

Pourtant, désormais, même en Art, la communication par Internet va devenir incontournable, et celle-ci ne se fera plus –ne se fait plus, déjà- que par l’image médiatisée. Donc par des formes visuelles qui se donnent à voir comme telles, toutes identiquement formatées et désincarnées par les mêmes écrans d’ordinateurs. Certes la vision des œuvres « en vrai » est irremplaçable. Mais pour ceux qui n’ont pas la possibilité de les voir en Musées ou en expositions, et pour ceux qui, les ayant vues, en recherchent les traces, soit pour études, soit pour acheter, soit pour tout autre usage, comment faire pour trouver rapidement, dans cette confusion et cette pléthore de l’offre, l’expression, l’œuvre, l’artiste que l’on recherche ? Comment, donc, trouver une taxinomie qui fasse que, malgré toutes ces difficultés, on puisse enfin réconcilier puissance de l’informatique et spécificités de l’Art ?

C'est pour cela que le critique et historien d’art Francis Parent a créé, à la demande d’Artrinet, une approche taxinomique totalement nouvelle des Arts plastiques modernes et contemporains. Il s’agit d’une grille de classification qui n’est ni totalement «historique», ni totalement «formaliste», mais qui allie tout cela dans une relation essentiellement visuelle, puisque, redisons-le, c’est ainsi que se donne d’abord à voir toute œuvre sur Internet.

Il a donc défini 4 axes essentiels qui lui paraissent traverser toutes les formes d’expression, permettant ainsi de situer comme «géographiquement» sur ces axes - et sans aucun jugement qualitatif - tous types de création artistique. 


Axe A : de A100 à A600 - Formalisme : Quand on regarde une oeuvre, quel type de formalisation se donne à voir de prime abord ? Est-ce plutôt abstrait, plutôt figuratif, plutôt..., etc ? (classé du plus abstrait au plus réaliste).

Axe B : de B100 à B300 - Matérialité : Comment se présente et est travaillée la matérialité de ce qui est donné à voir ? (classé du plus immatériel au plus réel).

Axe C : de C100 à C300 - Investissement : Avec quelle proportion Corps / Esprit, l'artiste s'implique t-il dans son œuvre ? (classé du plus "intellectuel" au plus "physique", par exemple : de "l'Art Conceptuel" au "Body Art")

Axe D : de D100 à D300 - Communication : L'artiste a-t-il une volonté assumée de communiquer, à travers ses oeuvres, un message quelconque ? (classé du plus spiritualiste au plus sociétal).

Ainsi, mieux qu'une classification historique ou tendancielle, la combinaison de ces axes permet de caractériser l’œuvre en question et donc de la retrouver le plus facilement possible en quelques clics. Ainsi le visiteur (collectionneur, amateur d’art, galeriste, critiques d’art, commissaire d’exposition, journaliste etc.), pourra t-il constituer très rapidement et facilement une sélection d’artistes correspondant à sa recherche du moment.

La mise à disposition du public de cette grille est certainement un évènement majeur dans le monde de l'art visuel, et ne manquera pas de relancer le débat sur le thème "peut-on classifier l'art contemporain".
La démonstration du fonctionnement d'Artrinet en sera la meilleure réponse.

Il ne s'agit pas bien sur d'enfermer un artiste dans une case, mais de donner enfin aux internautes qui s'intéressent à l'art, les moyens efficaces pour comprendre ce qu'ils aiment, pourquoi ils l'aiment, et ainsi de trouver facilement les œuvres qu'ils ont le plus de chance d'apprécier. 

Ainsi nous ouvrons aux artistes les portes du Web avec les outils du XXIème siècle.
 

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